RIDM | Mirror effect between Brazil and the United States

Two leaders with a similar style, two countries divided by political tensions, two states where presidents have played down the risks associated with COVID-19. The parallels between Jair Bolsonaro’s Brazil and Donald Trump’s United States form the backdrop of the feature film Swing and Swaypresented Sunday at the International Documentary Meetings of Montreal (RIDM).


Filmmakers Chica Barbosa, in Los Angeles, and Fernanda Pessoa, in São Paulo, exchanged video messages for a year, drawing parallels on their respective realities, brought together in a film.




« En suivant la situation au Brésil, spécialement avec les lettres vidéo de Fernanda, j’ai vu à quel point les deux situations étaient similaires. Bolsonaro semblait suivre la même ligne que Trump, explique Mme Barbosa, jointe par visioconférence avec sa comparse Fernanda Pessoa. Mais j’étais aussi capable de voir les différences, comme les parallèles, les similarités entre les deux pays. »

Correspondance vidéo

Au printemps 2020, Mme Barbosa venait tout juste de quitter le Brésil pour s’installer à Los Angeles lorsque la pandémie a frappé. Elle communiquait avec son amie Fernanda, restée à São Paulo. Cette dernière a proposé un nouveau format pour leurs échanges : se limiter à des communications par vidéos, inspirées de 16 cinéastes féminines de l’art expérimental, dont Marie Menken, Chick Strand ou encore Ximena Cuevas.

Nous avions le sentiment que communiquer par WhatsApp ou Zoom n’était pas assez. Je voulais vraiment lui transmettre ce que c’était de vivre la pandémie sous le gouvernement Bolsonaro et je voulais vraiment connaître sa réalité de nouvelle immigrante à Los Angeles.

Fernanda Pessoa, coréalisatrice de Swing and Sway


PHOTO FOURNIE PAR FERNANDA PESSOA

Fernanda Pessoa

Elles se laissaient un maximum de trois semaines entre chaque message pour répondre. Trois semaines pour apprendre un style, se l’approprier, tourner, monter, envoyer. Un cadre rigide presque réconfortant pour provoquer un élan créatif dans un monde où toutes les structures s’étaient envolées avec l’arrivée de la pandémie, disent-elles.

L’idée, d’abord, n’était pas d’en faire un film destiné à un public, mais de communiquer en développant leurs connaissances cinématographiques.

Année charnière

La première année de la pandémie a été riche en rebondissements, aux États-Unis comme au Brésil. Les deux amies ont abordé le thème des contestations sociales, que ce soit les manifestations contre Jair Bolsonaro au Brésil ou le mouvement de protestations antiraciste galvanisé par la mort de George Floyd au Minnesota en mai 2020. Mme Barbosa, mexicano-brésilienne, a exposé à son amie ses réflexions sur son nouveau statut dans une terre d’accueil aux multiples contradictions. La COVID-19 n’a pas épargné sa consœur à São Paulo.

L’année 2020 est aussi celle d’une élection présidentielle américaine houleuse, de télétravail et d’isolement, du malaise provoqué par des théories du complot retransmises par une proche sur les réseaux sociaux.

En faisant un portrait du monde autour de nous, je crois que ça va résonner avec plusieurs personnes, ce sentiment de déplacement et de déconnexion durant cette période, parce que 2020 a été une année infernale pour tout le monde. Qui était heureux en 2020 ? Les images permettent de traduire ces sentiments. C’était un moment de déconnexion, de chaos social.

Chica Barbosa, coréalisatrice de Swing and Sway

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PHOTO FOURNIE PAR CHICA BARBOSA

Adriana Barbosa, alias Chica Barbosa

L’idée de reprendre des images de femmes cinéastes est née d’une constatation, alors que les deux amies vivaient à São Paulo, de la domination masculine sur le cinéma. Avec leurs correspondances filmées, Chica Barbosa et Fernanda Pessoa ont aussi donné la parole à des proches, comme la belle-mère de Mme Pessoa, qui parle de son vécu.

« Ça nous a frappées que beaucoup des femmes [cinéastes] were dealing with domestic matters and their household, and we also had to deal with that domestic environment because we were stuck inside the house due to the pandemic,” says Ms.me Pessoa.

indelible mark

From a short film, the exchange between the two filmmakers turned into an 81-minute feature film with the help of their producer Jessica Luz, bringing together all their “video letters”.

The presentation of their film is part of the theme “Focus Brazil: exploring the future” of the RIDM, which brings together short and feature films on the social transformations of the country in recent decades.

The two friends will be in Montreal this Sunday and were eager to meet in flesh and blood, they who now have an identical tattoo on their arm.

“It’s the last image of the film”, explains Mr.me Pessoa, rolling up her sleeve to reveal an image of entwined hands. “It reflects our feelings. »

Swing and Sway will be presented at the Cineplex Odéon Quartier Latin on November 20 at 5 p.m. as part of the RIDM.

RIDM | Mirror effect between Brazil and the United States